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Accueil > L'actualité > Revue de presse > 10 mars 2016

LA TRAITE DES ETRES HUMAINS UN PHENOMENE MAL CONNU EN FRANCE 
par Marie Boëton, 
EXCLUSIF Dans un rapport inédit, la Commission nationale consultative des droits de l’homme évalue l’ampleur de la traite des êtres humains en France et dresse le profil type de ses auteurs et de ceux qui la subissent.

Ce rapport bat en brèche bien des idées reçues sur les auteurs de traite et fait le point sur le nombre d’affaires ayant été portées devant les tribunaux.

On lui avait promis un emploi de nourrice dans une famille camerounaise installée en France. Astou n’a pas hésité longtemps : fin 2013, la jeune veuve a fermé sa petite échoppe au pays et confié ses deux enfants à sa mère.

Elle voulait leur envoyer un pécule tous les mois. Mais « je me suis retrouvée à travailler sept jours sur sept pour 300 € mensuels », raconte la trentenaire, qui dormait à même le sol dans le cellier…

À ses journées chargées (6 heures-23 heures) se sont ajoutées des heures de repassage après minuit, « car mes patrons voulaient tirer avantage des heures creuses ». Son salut, Astou le doit à un malaise : hospitalisée à l’été 2014, elle a finalement pu se confier au personnel médical. Et échapper à ses exploiteurs.

Exploités dans l’ombre

Combien d’Astou ou de personnes asservies en France ? Si le proxénétisme est plutôt bien connu des pouvoirs publics, les autres formes « d’exploitation contrainte à des fins de profit » (comme l’esclavage moderne, la mendicité ou la délinquance contraints) prospèrent dans l’ombre.

D’où l’intérêt du rapport rendu public jeudi 9 mars par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) qui, pour la première fois, lève un coin du voile sur le phénomène. Il s’agit du premier bilan des politiques publiques menées en la matière depuis l’adoption du plan triennal de 2014.

Premier chiffre clé : 420 affaires de traite ont été recensées en 2013 par les services judiciaires et 728 individus ont été condamnés cette même année. 81 % des infractions constatées relevaient du proxénétisme, loin devant l’exploitation par le travail ou la mendicité forcée.

« Ces chiffres ne sont que l’écume des choses, précise Christine Lazerges, présidente du CNCDH. Faute de preuves suffisantes, nombre d’affaires n’arrivent jamais devant les tribunaux, les victimes craignant de témoigner. »À cela s’ajoute l’enlisement des commissions rogatoires lancées à l’étranger.

Des préjugés qui occultent la réalité

Autre point à relativiser : la prédominance du proxénétisme. « L’exploitation sexuelle occulte encore souvent toutes les autres formes de traite, note Sylvie O’Dy, vice-présidente du Comité contre l’esclavage moderne. Les victimes du travail forcé sont par définition invisibles, vivant cachées dans les ateliers clandestins ou dans les sous-sols des habitations. » Mais elles n’en sont pas moins très nombreuses.

Qui sont les responsables de traite ? On n’a pas forcément affaire à de vastes réseaux très hiérarchisés. Si certains le sont – notamment en matière de prostitution – c’est loin d’être toujours le cas.

L’exploitation par le travail est souvent le fait « de familles appartenant à la classe moyenne (…) originaires d’Afrique ou d’Asie » ou de Français de retour d’expatriation.

Un nombre de victimes encore inconnu

Autre préjugé infondé : la traite serait une affaire d’hommes. Or le tiers des condamnations prononcées entre 2009 et 2013 visait des femmes. Notamment d’anciennes prostituées ayant échappé à leur condition en acceptant de jouer les interfaces entre les chefs de réseau et les jeunes filles sur le trottoir.

La grande inconnue en matière de traite reste le nombre de victimes concernées. Un vrai chiffre noir. « Les victimes potentielles de la traite ne s’auto-identifient pas en tant que telles et dénoncent très rarement les faits dont elles font l’objet », rappelle la CNCDH.

Seule certitude : l’immense majorité d’entre elle est d’origine étrangère. Privés de leurs papiers à leur arrivée en France, ne pas maîtrisant pas toujours la langue et méconnaissant leurs droits, les victimes sont par ailleurs très fréquemment déplacées afin d’être au maximum maintenues dans l’isolement.

Une priorité : protéger

Les migrants arrivés récemment en Europe sont probablement concernés du fait de leur extrême vulnérabilité. L’office Europol s’est d’ailleurs alarmé le mois dernier de la disparition de près de 10 000 enfants réfugiés sur le continent, redoutant qu’ils n’aient été les proies de réseaux de criminalité organisée.

Lire la suite sur le site de La Croix



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