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Accueil > L'actualité > Evènements > Deux esclaves dans l'Essonne

Le gérant d'une société d'appâts de pêche a été condamné mercredi 9 avril 22014 à cinq ans de prison dont trois avec sursis par le tribunal correctionnel d'Evry, pour avoir soumis deux personnes pendant des décennies à des conditions de vie et de travail indignes.

Cet homme de 41 ans a été reconnu coupable de traite d'êtres humains et devra verser au total près de 350.000 euros de dommages et intérêts à ses victimes. "Les faits sont d'une gravité exceptionnelle", a déclaré le juge en rendant son délibéré. Le prévenu a été incarcéré immédiatement après l'audience, la peine ayant été assortie d'un mandat de dépôt.

Les deux victimes, deux hommes de 63 et 71 ans, ont vécu pendant plusieurs décennies au sein de l'entreprise dans laquelle ils travaillaient, une société d'élevage porcin reconvertie dans le conditionnement d'appâts de pêche et située à Linas (Essonne). Les deux hommes vivaient dans des pré-fabriqués installés à l'intérieur d'un entrepôt insalubre, et étaient devenus au fil des années totalement dépendants de leur employeur, qui conservait tous leurs papiers d'identité.

L'un des deux avait été recruté il y a quarante ans dans un centre pour mineurs. Il était à peine rémunéré alors qu'il travaillait 50 à 60 heures par semaine. L'autre avait été embauché il y a une vingtaine d'années à sa sortie d'un hôpital psychiatrique. "C'est un dossier d'esclavage, soyons clairs", a déclaré en marge de l'audience Me David Desgranges, avocat des parties civiles.

"Je m'occupais des asticots, je me levais de bonne heure et je chargeais les camions", a raconté "JP", la seule victime présente à l'audience. "Vous considérez que vous étiez bien logés?", lui a demandé le juge: "non", a-t-il simplement répondu. - Vous mangiez bien? - ça allait. - Vous n'avez jamais rien demandé de plus ? - J'ai essayé, mais bon...

- Conditions de vie 'inhumaines' et 'dangereuses' -

Les mains dans le dos durant toute l'audience, le prévenu a reconnu les faits, tout en minimisant leur gravité. "J'ai tous les torts", a-t-il déclaré. "Mais j'ai été dépassé par les événements." "Ils n'ont jamais été frappés, ils sortaient quand ils voulaient, mangeaient quand ils voulaient."

Au cours du procès, le juge a lu des témoignages d'anciens salariés de l'entreprise, décrivant des conditions de vie "inhumaines" et "dangereuses". "Même mon chien, je ne le mettrais pas là-dedans", a déclaré l'un d'eux aux enquêteurs.

La mère du gérant, une petite femme frêle de 80 ans qui comparaissait à ses côtés, a également écopé de 24 mois avec sursis pour abus de faiblesse.

Dans ses réquisitions, la procureure a dénoncé un comportement "révoltant". "On leur a volé leur vie", a-t-elle déclaré.

C'est un signalement du Comité contre l'esclavage moderne (CCEM) qui a permis l'ouverture d'une enquête.

"Il ne s'agit pas d'un simple fait divers mais d'un fait de société qu'on ne veut pas voir", a déclaré en marge de l'audience Sylvie O'Dy, présidente du CCEM. "D'ailleurs à chaque fois qu'une affaire est médiatisée, de nouveaux signalements nous arrivent", a-t-elle ajouté.

AFP




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