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Accueil > L'actualité > A l'affiche > Esclaves 30 ans à Londres

La police britannique a libéré en novembre 2013 trois femmes enfermées pendant 30 ans dans ont qualifié les faits d'esclavage domestique. Ce fléau existe bien aujourd'hui en Europe et aussi en France. Depuis l'enquête suit son cours. Le couple qui détenait les trois femmes s'est révélé être d'anciens militants maoïstes à tendance sectaire. L'affaire n'est pas terminée

Actuellement le Comité contre l'esclavage moderne accompagne une centaine de personnes en majorité des femmes victimes d'esclavage domestique. Il soutient plus de 70 procédures judiciaires. 

En 2013,  la cour d'Appel de Bordeaux a jugé les exploiteurs de Jérôme P. ouvrier agricole dans le Médoc qui a travaillé sans rémunération pendant 15 ans, non payé, logé dans des conditions contraires à la dignité humaine. Il a été libéré par les gendarmes qui ont contacté le CCEM. 

Le CCEM a aussi accompagné le procès fait par Gloria, jeune femme originaire du Togo, à ses exploiteurs chez qui elle est arrivée à 16 ans. Elle a travaillé pour eux de 2004 à 2010. 

Lire ci dessous les informations données en novembre 2013


Londres (AFP) 21 novembre 2013 - Trois femmes terrifiées et profondément traumatisées ont été libérées après avoir été retenues comme esclaves pendant au moins trente ans dans une banale maison du sud de Londres, "du jamais-vu" selon Scotland Yard qui a arrêté un couple de sexagénaires jeudi à l'aube.

"On a eu des cas d'esclavage où des gens ont été retenus contre leur gré pendant dix ans, mais jamais rien d'une telle ampleur", a souligné le détective Kevin Hyland après l'annonce de la libération d'une Malaisienne de 69 ans, d'une Irlandaise de 57 ans et d'une Britannique de 30 ans.

Les arrestations ont eu lieu jeudi à 7h30 du matin, mais les trois femmes ont été libérées dès "le 25 octobre", a précisé la police en fin d'après-midi à l'AFP.

"Il y a eu un délai jusqu'aux arrestations parce qu'on a dû prendre le temps pour travailler avec des personnes très traumatisées et parce qu'il était très difficile d'établir les faits", a commenté le détective Kevin Hyland.

"On est sûrs que tous les trois se sont trouvées dans cette situation pendant trente ans au moins. On pense que la plus jeune n'a jamais été en contact avec le monde extérieur", a ajouté Kevin Hyland qui n'était pas en mesure de confirmer si la plus jeune des trois victimes était née en captivité.

"Toutes les trois sont extrêmement traumatisées et ont été emmenées dans un endroit sûr où elles se trouvent toujours", a déclaré Scotland Yard, qui a arrêté deux suspects, un homme et une femme, âgés tous deux de 67 ans et considérés comme étant les principaux protagonistes dans cette affaire.

"Les dames étaient totalement terrifiées par ces gens", a rapporté Aneeta Prem, fondatrice de Freedom Charity. L'association de lutte contre l'esclavage et les mariages forcés a alerté la police en octobre dernier, et a travaillé "main dans la main" avec les autorités pour permettre leur libération.

Aneeta Prem a précisé que les trois femmes, qui ont pu sortir de la maison par leurs propres moyens, n'avaient, semble-t-il, pas été victimes de violences sexuelles, mais elle pense qu'elles ont subi des préjudices physiques.

L'association avait été directement contactée par l'une des victimes après que celle-ci eut regardé un reportage à la télévision sur les mariages forcés mettant en scène le travail de Freedom Charity.

Freedom Charity a été en contact avec la victime par téléphone pendant une semaine pour gagner sa confiance, avant d'alerter la police.

"Cela défie l'imagination"

"Cela a été le catalyseur qui a conduit l'une des victimes à appeler au secours et qui a permis en définitive de les sauver", a souligné le détective Kevin Hyland.

L'enquêteur a ajouté que la police ne connaissait pas grand-chose à ce stade des conditions dans lesquelles vivaient les trois recluses, toujours trop traumatisées pour donner davantage de détails.

"Il semblerait qu'elles vivaient sous une forme de liberté contrôlée, mais nous sommes encore en train d'évaluer le degré de cette liberté. Leur existence a été fortement entravée et elles ont passé l'essentiel de leur temps dans la maison", a explique le détective.

"Cela défie l'imagination, c'est impossible d'imaginer qu'une chose pareille puisse arriver en Grande-Bretagne, à Londres, en 2013", s'est émue Aneeta Prem. "C'est une histoire incroyable. Je ne peux pas croire qu'on puisse traiter des gens comme ça, c'est tellement barbare. Lorsqu'on est privé de liberté, on n'a pas de vie."

"Heureusement, elle a vu cette émission et était suffisamment confiante pour décrocher le téléphone", a encore déclaré Aneeta Prem.

"Je ne pense pas que les voisins savaient quoi que ce soit. C'était juste une maison ordinaire dans une rue ordinaire", à Lambeth, au sud de Londres, a dit Mme Prem.

"J'espère", a-t-elle conclu", que ces trois femmes auront des vies heureuses et épanouies une fois qu'elles auront surmonté le traumatisme, si jamais elles y arrivent un jour."


AFP ( Londres) 23 novembre 2013 :Le couple de sexagénaires arrêtés dans l’enquête sur les trois femmes retenues comme esclaves pendant 30 ans, est d’origine indienne et tanzanienne, a annoncé samedi Scotland Yard, en précisant que victimes et suspects ont vraisemblablement vécus ensemble dans une «communauté».

Ces nouvelles informations, distillées au compte-gouttes depuis que cette affaire a été rendue publique jeudi après-midi, lèvent quelque peu le voile sur le profil des deux suspects, un homme et une femme de 67 ans.

Ce couple, qui avait déjà été interpellé dans les années 70 sans que la police ne consente à dire pour quel motif, a été arrêté jeudi matin.

Ils ont été remis en liberté sous caution dans la nuit de jeudi à vendredi, avec interdiction de quitter le territoire et de retourner dans leur maison, près d’un mois après la libération des trois femmes, une Malaisienne de 69 ans, une Irlandaise de 57 ans et une Britannique de 30 ans.

«Les suspects sont d’origine indienne et tanzanienne et sont arrivés au Royaume-Uni dans les années 60», précise la police britannique dans un communiqué.

«Nous pensons que deux des victimes ont rencontré le suspect masculin à Londres via une idéologie politique partagée et qu’ils ont vécu ensemble à une adresse qui pourrait effectivement être décrite comme 'une communauté'», ajoute la police, confirmant à demi-mot l’idée, rapportée notamment par le Guardian, que cette affaire intervenait dans un contexte de «secte semi-religieuse».

«Les personnes impliquées, la nature de cette communauté et la façon dont elle opérait font l’objet de nos investigations et nous rassemblons lentement et laborieusement plus d’informations», indiquent les enquêteurs.

«D’une manière ou d’une autre, cette communauté a cessé d’exister. Nous cherchons à établir comment ces femmes se sont retrouvées à continuer de vivre avec les suspects et comment cela a pu durer 30 ans», s’interrogent-ils, encore loin d’avoir éclairci les nombreuses zones d’ombre de cette affaire.

«Nous pensons que la violence émotionnelle et physique a été la caractéristique des vies des trois victimes», ont-ils répété.

La police a également indiqué avoir commencé samedi après-midi à mener une «enquête de porte-à-porte», à la recherche d’informations auprès des voisins de la maison où les suspects ont été arrêtés, dans le sud-ouest de Londres.

La jeune femme britannique de 30 ans «a un certificat de naissance mais il s’agit du seul document officiel que nous ayons pu trouver», souligne Scotland Yard.

Selon des sources proches de l’enquête citées par le Guardian, sa naissance a été déclarée et aurait donc dû donner lieu à des visites des services sociaux et de sages-femmes.

Bien que n’ayant jamais été à l’école, elle serait capable de lire et écrire, selon ces sources, et aurait été décrite comme très intelligente.

«Nous pensons qu’elle a vécu toute sa vie avec les suspects et les autres victimes mais bien sûr, à ce stade de l’enquête, nous cherchons encore à en avoir la preuve», a indiqué le commandant Steve Rodhouse.

«Gagner la confiance de victimes très traumatisées prend du temps et cela doit se faire à leur rythme», ont fait valoir les autorités.

Elles ont révélé qu’un «accord» avait été passé avec les victimes. Il était convenu qu’au moment de leur libération le 25 octobre, la police n’interviendrait pas.

«Depuis cette date nous avons travaillé à gagner leur confiance et à rassembler des preuves, ce qui a porté ses fruits le 21 novembre», date des arrestations.

«Entre le 25 octobre et le 21 novembre, aucune des trois victimes n’a été signalée disparue auprès de la police», ont encore précisé les enquêteurs qui ne comptent pas diffuser d’informations permettant d’identifier les suspects ou leurs victimes, afin de protéger ces dernières.

L’affaire, inédite par son ampleur, n’est cependant pas un cas unique. Le mois dernier, une ONG britannique a chiffré entre 4.200 et 4.600 le nombre de personnes victimes au Royaume-Uni d’esclavage moderne sous ses formes diverses, comme le travail forcé, le trafic d’être humains et les mariages forcés.

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