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Accueil > L'actualité > Revue de presse > 25 juillet 2013

Soukaïna raconte son histoire comme on raconte un bon film d’espionnage. Son plan d’évasion, calculé à la minute près, est pourtant bien réel. En novembre dernier, la jeune fille, alors âgée de 22 ans, s’enfuit de chez sa tante, qui l’a réduite en esclavage pendant des années.

« Elle avait promis à ma mère de me donner une bonne éducation en France et de m’offrir un avenir », se souvient Soukaïna, qui, ayant à peine soufflé sept bougies, a quitté le Maroc, ses parents et leurs difficultés financières.

RÉDUITE AU RÔLE DE BONNE À TOUT FAIRE

Mais en fait d’avenir, la fillette est réduite au rôle de bonne à tout faire. Quand elle n’est pas à l’école, elle s’occupe du ménage, prépare les biberons de sa cousine ou fait la vaisselle dans un évier trop haut pour elle.

Un jour, au collège, elle craque, raconte tout à une assistante sociale. Les coups qui pleuvent à la moindre erreur, l’unique douche hebdomadaire, l’interdiction de sortir. Aujourd’hui, poussée par « l’envie d’avancer, même s’il y a des choses qu’on ne peut jamais rattraper », elle a entamé des poursuites judiciaires contre sa tante.

Les juges pourront bientôt mettre en avant un autre chef d’accusation, plus adapté à son vécu, que la simple maltraitance. La « réduction en esclavage » doit en effet faire son entrée dans le code pénal, à l’issue d’un ultime vote, aujourd’hui, au Sénat.

MISE EN CONFORMITÉ

Le projet de loi examiné la définit comme « le fait d’exercer à l’encontre d’une personne l’un des attributs du droit de propriété ». La France, condamnée à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour ne pas avoir encore introduit ce crime dans son droit, se met ainsi en accord avec la réglementation communautaire.

Les peines encourues iront crescendo : sept ans de prison en cas de« travail forcé », dix ans de détention pour « réduction en servitude », quand le travail est imposé à une personne vulnérable, vingt ans pour« réduction en esclavage » à proprement parler, voire trente si le joug est imposé à un mineur ou s’il s’accompagne de tortures.

La présidente du Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), Sylvie O’dy, approuve ce nouveau cadre législatif. « Jusqu’à présent, policiers et magistrats n’avaient pas de texte précis auquel se référer pour qualifier les faits, ce qui pouvait aboutir à des décisions très différentes sur des cas similaires », observe-t-elle.

ENTRE 3 000 ET 5 000 PERSONNES CONCERNÉES

Le travail de la défense s’en retrouvera en outre simplifié, à en croire Me Benoît David, qui suit actuellement le volet pénal de quatre affaires d’esclavage. lire la suite dans La Croix

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