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Accueil > L'actualité > Revue de presse > La Croix: 27 juin 2012

Parmi 1,2 million de travailleurs domestiques indonésiens dans le royaume, nombreux dénoncent des mauvais traitements. Djakarta échoue à les protéger.

 Terminal 4, aéroport de Soekarno-Hatta à Djakarta. Dika se remet tout juste de ses douze heures de voyage qu’elle vient d’effectuer depuis Riyad. Dans le terminal réservé au retour des travailleurs domestiques, elles sont plusieurs centaines de jeunes Indonésiennes à revenir d’Arabie saoudite ou de Malaisie, des pays dans lesquels elles ont été femmes de ménage ou nourrices pendant souvent plus de trois ou quatre ans.

Dika se dit chanceuse. La jeune femme de 22 ans a pu économiser un peu d’argent qu’elle va remettre à sa famille. Elle connaît le sort de nombreuses autres travailleuses domestiques à l’étranger.

En Arabie saoudite, 1700 ressortissants indonésiens croupissent en prison. Au moins vingt-cinq jeunes Indonésiennes attendent leur jugement dans les geôles du royaume wahhabite et risquent la peine de mort. «Pour légitime défense, s’insurge Anis Hidayah de l’association indonésienne Migrant Care, qui s’occupe des travailleurs migrants. Souvent elles sont battues, même violées, et si un jour elles se défendent, ou elles s’échappent, elles risquent la peine de mort.»

« LES EMPLOYEURS PENSENT NOUS ACHETER »

«Les familles perdent espoir, certaines femmes sont emprisonnées depuis une dizaine d’années, explique Anis Hidayah. Depuis l’an passé, il est difficile de leur redonner courage» . En juin 2011, une femme de ménage indonésienne a été décapitée en Arabie saoudite, pour avoir tué son employeur qui la maltraitait et la retenait prisonnière.

Tous les jours, mille travailleurs domestiques reviennent en Indonésie, selon l’association Migrant Care. La majorité raconte la vie sordide que leurs employeurs leur ont fait subir. Ibu Eli a été domestique pendant plus de dix ans, en Malaisie puis dans les pays de la péninsule arabique, pour finalement être vendue en Irak. Plusieurs années qu’elle décrit comme de l’esclavage moderne.

Lorsqu’elle est partie, jeune fille, elle croyait pouvoir trouver une échappatoire à une vie qu’on lui promettait difficile. «En Indonésie, même après des études, il est difficile d’obtenir un travail. Alors sans qualification, comment fait-on ? Le travail à l’étranger reste une alternative pour beaucoup de femmes, raconte-t-elle. Les employeurs payent une somme importante aux agences de recrutement pour obtenir une employée de maison, ils pensent alors nous acheter, et nous devenons de vraies esclaves.»

18 HEURES PAR JOURS, DES COUPS EN RETOUR

Dans le bureau de l’aide juridique de Migrant Care, Yeni Larasati brandit tremblante la photo de sa jeune sœur, la dernière qu’elle ait d’elle. Elle date d’il y a cinq ans. Ernawati, lycéenne, avait alors 15 ans. C’était avant qu’elle parte pour l’Arabie saoudite. «Le recruteur d’une agence de placement est venu dans notre village de l’est de Java, il l’a convaincue en lui parlant d’argent facile à gagner, dix fois plus qu’un salaire indonésien» , raconte tristement Yeni Larasati.

Sa sœur a rejoint le centre de formation des employés de maison à Djakarta où elle a reçu une courte formation au repassage et à la cuisine.«L’agence de placement a falsifié sa date de naissance, pour établir son visa de travail. Ils ont aussi imité la signature de mon père pour l’envoyer au plus vite à l’étranger».

Six mois après son arrivée en Arabie saoudite, Ernawati contacte sa sœur pour se plaindre de mauvais traitements. Elle travaille 18 heures par jour et ne reçoit aucun salaire. Plusieurs mois plus tard, elle appelle à nouveau sa sœur apeurée : elle vient d’être battue, son crâne est ouvert. Elle pleure son désir de rentrer.

DES EMPLOYEURS RAREMENT INQUIÉTÉS…

Yeni Larasati, affolée, se rend au ministère des affaires étrangères. Sa plainte est bien enregistrée, mais on lui rétorque que l’ambassade d’Indonésie est trop éloignée du lieu de travail de sa sœur à Riyad. Ernawati ne reçoit donc aucune protection.

Deux mois plus tard, elle reçoit un appel de l’hôpital de Riyad : sa sœur est décédée sous les coups de son employeur. Depuis, la jeune femme essaie de faire condamner l’agence de recrutement, en vain. L’employeur non plus n’a jamais été puni. Il a depuis une nouvelle employée de maison.

«Il est très difficile de faire jouer les assurances , explique Agustinos de l’institution Komnas Perempuan. Elles sont valables uniquement deux ans, le temps d’un contrat type. Car souvent les employeurs gardent leur domestique plus de deux ans pour amortir les frais nécessaires à sa venue (1400€). Il n’y a alors plus aucun recours.»

…ET UN GOUVERNEMENT « CORROMPU »........

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