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Accueil > L'actualité > Revue de presse > 28 octobre 2017

  Espoir et scepticisme après les promesses du Qatar aux travailleurs immigrés

Contre toute attente, le Qatar qui organise le Mondial-2022 de football a annoncé des réformes en faveur des travailleurs immigrés mais ses détracteurs se disent sceptiques sur la tenue de ses promesses.

L'émirat a été épinglé à plusieurs reprises par des organisations de défense des droits de l'Homme sur les mauvaises conditions de travail des étrangers, certains allant jusqu'à comparer le système de "kafala" (ou parrainage) en vigueur à une forme d'esclavage moderne.

Le ministre qatarie du Travail Issa Saad al-Jafali al-Nuaimi et la secrétaire générale de la Confédération internationale des syndicats (ITUC) Sharan Burrow, ont convenu plus tôt ce mois d'une série de réformes salariales qui, si elles étaient appliquées, représenteraient un tournant majeur pour les quelque deux millions de travailleurs étrangers.

Pour ces derniers, "c'est une révolution", affirme Mme Burrow à l'AFP.

Ces réformes comprennent notamment un salaire minimum, des contrats ne pouvant pas être modifiés après l'arrivée du travailleur dans le pays, et, surtout, l'interdiction pour les employeurs d'empêcher leurs employés de quitter le Qatar.

Doha a également annoncé que le gouvernement avait donné son accord pour la création d'un "fonds de soutien et d'assurance pour les travailleurs".

Toutes ces propositions marquent le début de la fin de la "kafala", a estimé l'ITUC.

- Promesses 'déjà entendues' -

Selon Mme Burrow, le ministère qatari s'est "engagé" à mettre en place les réformes, assurant que le changement débutera "au cours des premiers mois de l'année prochaine".

La patronne de l'ITUC avait autrefois été décrite par une source sous le couvert de l'anonymat comme étant "haïe" par les responsables qataris. Sa confédération syndicale avait été la première à avoir rendu public le chiffre de 1.200 ouvriers tués sur les chantiers de construction du Mondial.

L'annonce des nouvelles réformes est intervenue juste avant le début jeudi d'une réunion de plusieurs jours de l'Organisation international du travail (OIT) qui pourrait voir cette agence de l'ONU lancer une enquête officielle sur le sort des travailleurs immigrés au Qatar.

En apparence, le Qatar semble avoir répondu à toutes les critiques pour lesquelles il était pointé du doigt.

Mais ses détracteurs restent sceptiques sur la mise en place de véritables changements.

"Nous avons déjà entendu (des promesses) en 2014", affirme à l'AFP Moustafa Qadri, directeur général d'Equidem, un institut de recherche sur les droits de l'Homme. Mais "les réformes sont lentes, il y a eu quelques changements mais pas d'abolition de la kafala".

Pour Nicholas McGeehan, spécialiste des travailleurs immigrés, "la grande question reste de savoir si le Qatar démontrera rapidement qu'il est de bonne foi et sérieux (dans l'application) des réformes".

"Il aurait été beaucoup plus rassurant s'il avait promis moins de choses", estime-t-il.

- La Fifa montrée du doigt -

Un nouveau facteur pourrait toutefois entrer en jeu: le petit émirat gazier fait l'objet depuis le 5 juin d'un boycott de plusieurs pays arabes --Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Bahreïn et Egypte-- qui l'accusent notamment de soutenir des groupes extrémistes.

Doha a déploré à plusieurs reprises les conséquences de cet embargo, qu'il considère comme une atteinte aux droits de ses citoyens.

En modifiant radicalement le traitement réservé à ces centaines de milliers de travailleurs venus principalement d'Asie, le Qatar a aujourd'hui l'opportunité de se distinguer des autres pays de la région.

Malgré les espoirs suscités, une organisation demeure dans le viseur de Mme Burrow.

La Fédération internationale de football (Fifa) "avait le pouvoir d'agir avec efficacité (mais) elle est restée en retrait pendant plus de cinq ans", note-t-elle.

"Maintenant nous pouvons espérer une Coupe du monde (respectueuse) des droits des travailleurs", ajoute-elle, soulignant que cela va bénéficier à la Fifa, alors qu'elle "n'a rien fait pour". David HARDING (AFP)

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