Accueil > L'esclavage aujourd'hui > L'esclavage domestique en France
Au 21ème siècle, l'esclavage domestique existe en France. Il touche des enfants, des jeunes filles et des femmes, et plus rarement de jeunes garçons ou des hommes. Le Comité contre l’esclavage moderne a aidé des centaines de personnes à sortir de situations d’asservissement. Elles ont parfois duré de nombreuses années. Ces victimes viennent en général de l'étranger, d'Asie et d'Afrique principalement, espérant trouver en France une vie meilleure. Il est très difficile d'estimer le nombre de victimes dans l'Hexagone, car les faits se déroulent dans le huis clos des domiciles. Contrairement aux idées reçues, ces drames existent dans tous les milieux sociaux. Le mot « esclavage domestique » fait souvent penser aux diplomates et aux nababs. C’est largement inexact : si 20% des victimes aidées par le Comité contre l'esclavage moderne ont été asservies dans le monde diplomatique ou les beaux quartiers, ces drames sont aussi présents dans les pavillons de banlieue ou les grands ensembles des quartiers défavorisés.(Photo Marie Dorigny /Le Monde)
Il s'agit d'une population vulnérable et clandestine, ignorant souvent la langue française et les droits fondamentaux garantis dans notre pays. Ces personnes sont des proies faciles pour des individus sans scrupules. Le scénario est souvent le même. Soit « embauchée » à l’étranger par des «maîtres» qui s’installent en France, soit recrutée par un truchement pseudo familial, la jeune fille se retrouve très rapidement sous l’emprise totale de ses exploiteurs. Comment ? Papiers d’identité confisqués, menacée, affamée, isolée, en manque de sommeil, apeurée, elle perd rapidement tous ses repères. Insultée, voire frappée, elle exécute les ordres et enchaîne les heures de travail parfois 15 à 16 heures par jour. Epuisée, humiliée, peu ou pas rémunérée, elle semble se résigner à son sort et perd peu à peu toute confiance en elle même et dans la vie. Ces conditions de vie ont des répercussions importantes sur sa santé physique et mentale.
Ce sont le plus souvent des voisins qui signalent ces situations d’esclavage domestique. Ils ont remarqué la détresse ou la très grande maigreur d’une jeune femme aperçue descendant les poubelles ou enfermée sur un balcon un soir d’hiver. Ou les urgences des hôpitaux où elles sont conduites à la suite de mauvais traitements qui les remarquent, ou les assistantes sociales qui les entrevoient lors d’une visite à domicile, ou les maîtresses d’école qui alertent les service sociaux après avoir repéré ces ombres apeurées qui accompagnent des petits élèves, ou des policiers ou des gendarmes qui les reconnaissent, ou de simples passants frappés par leur aspect misérable qui viennent spontanément à leur secours.
L'histoire de R : Cette jeune femme d'origine marocaine avait 8 ans quand une amie a proposé à son père, veuf, de l'emmener en France où elle pourrait aller à l'école. Arrivée à Paris, la première année a été normale. Mais ensuite Rania, retirée de l'école, a été "prêtée" à une autre famille où elle cuisinait, repassait, faisait le ménage, gardait deux enfants d'un et quatre ans. Le week-end, de retour chez sa "patronne" , elle faisait encore le ménage, la lessive, s'occupait des enfants.. Elle avait 10 ans. Elle sera pendant une dizaine d'années placée dans différentes familles ou asservie chez sa "patronne" qui empochera l'argent payé par ses employeurs successifs. A 20 ans, elle s'est enfuie. Avec l'aide du Comité contre l'esclavage, elle a porté plainte contre sa "patronne".
1 commentaire
Ajouter un commentaire
Imprimer


BONNE NOUVELLE

Partager 
