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Accueil > L'esclavage aujourd'hui > Les mineurs esclaves en France

    Le travail des enfants est interdit, en France. L'esclavage y est aboli depuis 1848. Mais la réalité est différente. Près d'un tiers des victimes d'esclavage domestique aidées par le Comité contre l'esclavage moderne étaient mineures lorsqu'elles sont arrivées en France. Elles sont généralement originaires d'Afrique de l'Ouest et du Nord ainsi que d'Afrique Centrale. Ces très jeunes filles sont traditionnellement, dans leurs propres familles, vouées aux tâches domestiques. Leur départ vers la France est le plus souvent la conséquence d'un mensonge. Un jour, un proche ou un ami d'amis promet à leurs parents, souvent très pauvres, de les scolariser en France contre une aide à la maison. Parfois le futur exploiteur fait miroiter le versement d'un salaire à la famille.
 
     Pour  "simplifier" le départ de leur pays d'origine, ces enfants sont tout simplement "ajoutés" sur le passeport de leur maître ou de sa femme, comme un de leurs propres enfants.Ils n'ont donc aucune existence légale en dehors de la famille de leurs maîtres. Ce changement de nom compliquera considérablement le travail du Comité contre l'esclavage moderne pour l'établissement de leur identité propre, quand les jeunes filles seront libérées .
      
     Arrivées en France, ces enfants se retrouvent totalement isolées et les liens avec leur famille sont coupés. Ces dernières perçoivent parfois un peu d'argent pendant quelque temps, puis plus rien. Les familles sont sans nouvelles de leur enfant. Sous l'emprise absolue de ses tourmenteurs, la petite esclave doit prendre en charge, parfois dès l'âge de 7 ou 8 ans, la maisonnée ( repas, ménage, soins aux enfants), dormant peu,  mangeant peu, s'épuisant dans un travail incessant. Quand elle grandira, elle accompagnera aussi les enfants à l'école, et assurera l'ensemble des tâches domestiques. Parfois il arrive que les exploiteurs  "prêtent" la jeune fille à d'autres familles ou la "louent". Elle n'a ni congé ni repos. Elle subit la plupart du temps des violences verbales et  psychologiques. Et reçoit souvent des coups et souffre souvent de la faim. Les violences physiques peuvent aller jusqu'à des actes de torture et de barbarie. En grandissant, certaines sont victimes d'agressions sexuelles. Enceintes, ces jeunes filles sont alors soit mises à la porte, sans argent, sans papiers et totalement désespérées, soit contraintes d'avorter. Elles sont alors inscrites sous une fausse identité, généralement celle de la fille de la famille dans les services spécialisés.

     Quelques unes parviennent à s'enfuir, d'autres sont aidées par des voisins qui remarquent leur mauvais état physique ou leur détresse. Elles ont toujours besoin de quelqu'un qui les aide à arriver jusqu'au Comité contre l'esclavage moderne. Alors elles pourront commencer un long et lent travail de reconstruction qui passe la plupart du temps par un procès. 
(Dessin: Isabelle Buclez)


  L'histoire de Tina:  Jusque à l'âge de 13 ans, cette fillette habite Lagos au Nigéria. En 2001, ses voisins Godwin Okpara, footballeur au PSG et sa femme, proposent à ses parents de l'adopter et de l'emmener en France. A son arrivée, elle est logée dans la cave de la maison et jamais inscrite à l'école. Elle doit en revanche s'occuper des 4 enfants et de la maison. Levée à 5 heures, mal nourrie, frappée, épuisée, elle trouve la force de s'enfuir en juillet 2004.. Mais la police, malgré ses pleurs, la reconduit chez ses maîtres. Un jour, le footballeur l'agressesexuellement. Sa femme, jalouse, lui injecte du piment dans le vagin et mutile son sexe. En août 2005, elle s'enfuit à nouveau. Des voisins la recueillent et préviennent la police. C'est la fin de son cauchemar. En mai 2007, lors de leur procès aux assises les époux Okpara sont condamnés, elle à 15 ans et prison, lui à 13 ans. Cette dernière peine sera réduite à 10 ans en appel. Tous les deux sont en prison aujourd'hui.
Tina Okpara a raconté son histoire dans un livre "Ma vie a un prix" édité par Michel Lafont.

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